Chroniques du centre

Agnès Callou et Julien Beal

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Jean Louis Borloo…et si on en parlait vraiment ?

Posted by agnes et julien sur 3 juin 2011


Dans un entretien du 31 mai 2011 à La Voix du Nord, Jean-Louis Borloo déclarait « se préparer pour gagner ». Rapide retour sur un très probable candidat qui se prépare en tout cas à perdre la bataille de l’éthique et de la morale pour les prochaines élections présidentielles.

Jean-Louis Borloo a été avocat au barreau de Paris, puis avocat d’affaires spécialisé dans le droit des faillites et les reprises d’entreprises en difficulté et avocat d’affaires de Bernard Tapie pendant 10 ans.

1978: premier gros dossier de Jean-Louis Borloo, la sauvegarde d’un groupe de BTP qui avait construit plus de 4.000 « chalandonnettes ». Un des grands scandales immobiliers des années 1970, des milliers de famille ayant acheté des maisons, dans le cadre d’un vaste programme d’accession à la propriété soutenu par le gouvernement, construites à la va-vite et souffrant de multiples malfaçons.

1982: il est chargé du dossier de sauvegarde de Terraillon, une entreprise de pesage connue installée dans le Nord. Cette société intéresse la SDBO (Société de la banque occidentale), une des filiales du Crédit lyonnais, et plus particulièrement Pierre Despessailles, directeur de la banque et mentor de Bernard Tapie depuis 1977. Bernard Tapie abandonnera son avocat historique, Claude Colombani, qui lui a mis le pied à l’étrier pour Jean-Louis Borloo.

→ Avec Terraillon, Jean-Louis Borloo devient l’interlocuteur de la SDBO, il intègre le système Crédit lyonnais. Jean-Louis Borloo s’est entouré d’une équipe de comptables, de fiscalistes pour décortiquer les dossiers. Lorsqu’ils arrivent en audience, ils ont déjà tout en main. « La technique est toujours la même pour tout le monde: de la pure technique financière », reconnaîtra plus tard Jean-Louis Borloo.

→ Le cabinet Borloo, Saigne et associés, prend en main de plus en plus d’affaires: Terraillon, Testut, Look, Wonder… Jean-Louis Borloo est de toutes les opérations de reprise de Bernard Tapie. Ces rachats se font la plupart du temps avec le soutien massif des édiles politiques, désemparés par la faillite de leur industrie locale. C’est ainsi que Pierre Bérégovoy deviendra un des appuis inaliénables de Bernard Tapie, « sauveur » de l’entreprise Look à Nevers. Jacques Mellick, maire de Béthune, ira jusqu’à faire un faux témoignage en sa faveur lors de l’affaire du match truqué OM-Valenciennes, en souvenir de la reprise de Testut.

→ Le cabinet de Jean-Louis Borloo emploie plus de 50 personnes, réalise plus de 20 millions de chiffres d’affaires. « Je ne suis pas un avocat, je suis un chef d’entreprise », dit-il au milieu des années 1980. Dans chaque dossier de reprise, il est associé au côté du repreneur avec un petit pourcentage. D’après le magazine Forbes, il est l’un des avocats les mieux payés au monde.

En 1986, à l’instar de Bernard Tapie dirigeant l’Olympique de Marseille, il accède à la présidence de l’USVA (Union Sportive Valenciennes-Anzin), poste qu’il occupe jusqu’en 1991.

→ Au moment du match truqué OM-Valenciennes en mai 1993, Jean-Louis Borloo, même s’il a conservé des parts, n’est plus président du club valenciennois. Le président en titre est alors Michel Coencas, avec qui Jean-Louis Borloo et Bernard Tapie ont longtemps collaboré. Jean-Louis Borloo restera à l’extérieur de tout cela. « Le procureur (Eric de Montgolfier) a cherché pendant trois ans, il n’a jamais rien trouvé », dira-t-il plus tard.

→ Sur « l’affaire Tapie » où ce dernier jouit de 390 millions d’euros qu’un « tribunal arbitral » privé a décidé de lui accorder dans l’affaire Adidas en juillet 2008, Jean-Louis Borloo, l’ancien avocat d’affaires de Tapie et le furtif ministre des Finances en mai 2007 (30 jours) aurait retenté un compromis selon le journal Libération : son directeur de cabinet a témoigné devant la Cour des comptes (dans un rapport dévoilé progressivement par Marianne, le Canard enchaîné et Mediapart) que « le ministre a signifié, dès sa prise de fonction, l’orientation d’aller en arbitrage ».

A quand le prochain épisode de l’Homme qui veut représenter la droite « sociale » ?

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11 Réponses to “Jean Louis Borloo…et si on en parlait vraiment ?”

  1. il ne faut pas oublier la fameuse affaire dans l’affaire Testut, où Tapie licencia beaucoup d’ouvriers pour dégager des fonds afin de s’offrir une vedette de football à Marseille. Oh, non, Tapie n’a pas laissé un bon souvenir dans le nord…

  2. Bubu said

    Allons allons Agnès, franchement on vaut mieux que ça, qu’est-ce que cet article de caniveau partisan ? Le seul point répréhensible là-dedans, y compris d’un point de vue moral, c’est le dernier. Et encore, ça impliquerait de trouver la manière dont a été résolu l’affaire Tapie répréhensible.

    D’ailleurs je vous ferai remarquer que vous avez sur votre propre blog des liens vers les sites du « centre », incluant les Radicaux …

    • C’est un bilan de quelques événements de la vie professionnelle et politique de Borloo !

      Au sujet des liens, oui il y a un lien vers la site du Parti Radical, mais un parti n’est pas une seule personne ! Il y a des personnes très intéressante dans ce parti avec de vrai valeur du Centre.

      Julien

      PS : Agnès ne peut pas répondre ce soit.

      • Bubu said

        Y’a rien de politique là dedans si ce n’est le dernier point. Le reste c’est juste lui reprocher d’avoir été avocat et d’avoir gagné du fric. Et j’ai bien remarqué que c’est un « bilan », c’est exactement ce que je reproche à cet article. On prends tout ce qui pue sur une personne, on le rassemble et on sort un article « venez contempler ma merde ».

        Genre de procédés qui va du mauvais goût à l’abject, en tout cas qui n’est pas terrible. Et notamment procédé qui à mon humble avis tue toute possibilité de centrisme. Si c’est pour taper sur des personnes en ayant au final rien de très important à leur reprocher, je vois pas trop l’intérêt de dire qu’on défend une autre approche de la politique. Le centre si vous voulez pas qu’il soit caricaturé ou nié, faudrait peut-être respecter sa clé de voute : l’important c’est de faire de la politique pour aider les gens, pas de faire de l’idéologie. Le bayrouisme tuera le centre.

  3. Hibou17 said

    Quoiqu’en pense « Bubu », le parcours montre l’homme. Il na s’agit pas là de politique, mais de valeurs. Celles de JL Borloo sont insolubles dans le Centre. Il a « fait du fric », pourquoi pas?
    mais ce fric sent les désastres industriels, les honoraires et les pourcentages acceptés de ces vautours comme Tapie, achetant à la casse des entreprises avec l’argent de la Société générale avec la complicité de François Mitterrand ébloui par ces « chevaliers d’industrie » à bagout plus fort que la compétence, et dépeçant ces entreprises pour leur seul profit. Escroqueries, détournements « légaux », fraudes fiscales, achat d’arbitre, faux témoignages… Ce fric arraché grâce aux judicieux conseils de l’avocat-ami a le goût des larmes des licenciements, des familles en difficulté et du copain-coquin. Qui a oublié La vie claire et le dopage, Cardio-France, les cardiaques escroqués, les archives de la Société générale opportunément incendiées par deux fois, et totalement irrécupérables ? Tout ça judicieusement protégé par l’avocat-conseil ». Oui, décidément, Borloo est du monde Sarko, fric, bling-bling et valeurs morales à géométrie variable. Comme avec ses copains, il fait monter les enchères, n’ira pas jusqu’au bout mais attendra l’approche du scrutin et les sondages pour se vendre au plus offrant.

  4. Agnès,

    Article à n’en pas douter intéressant sur les différentes facettes du personnage Jean-Louis Borloo, trouble et mystérieux.

    Toutefois ce qui peut nous intéresser nous, démocrates, c’est le côté politique du personnage, avec toutes les incohérences de fait liées à sa posture et à la teneur de son discours actuel, lui qui se rêve fédérateur, incarnant une troisième voie, indépendante et humaniste (hum PTDR…)

    Un bref retour sur quelques articles à ce sujet :
    http://democrate23.blogspot.com/2011/04/haro-sur-le-centre.html
    http://democrate23.blogspot.com/2010/12/chacun-sa-route-chacun-son-chemin-passe.html

  5. Agnès Callou said

    Il ne faut pas tout confondre Bubu.

    Premièrement, je ne remets absolument pas en cause ici le Parti Radical en tant que parti politique, donc le fait que nous ayons sur notre propre blog un lien vers un site du Parti Radical n’a aucun rapport.

    Deuxièmement, un article « de caniveau » aurait traité de points n’ayant aucun rapport avec la politique, tels que sa vie privée. Tu considères que rien n’est politique sauf le dernier point, moi je considère que, l’élection présidentielle étant la rencontre entre un homme, un projet et un peuple, la manière condamnable dont un homme a pu souhaiter « se faire » de l’argent et les relations qu’il a entretenues et qu’il entretient encore avec des hommes aussi répréhensibles que Bernard Tapie sont évidemment politiques. Ou alors tu n’attaches pas d’importance au fait qu’un éventuel futur Président de la République soit en accord entre ses valeurs et ses actes. « Hibou17 » a bien expliqué cela.

    Il y aura un jour une élection présidentielle (en 2012 ou plus tard, mais j’espère en 2012) qui se jouera avant toute chose sur l’éthique et la morale en politique. J’ai commencé pas mal à m’intéresser à l’éventuelle candidature de Borloo, à étudier s’il pouvait être honnête tout de même au fond de lui dans ses discours, bien qu’ayant travaillé 9 ans dans des gouvernements successifs. Je l’aime bien Borloo, il a un côté franchement sympa. Mais il n’est pas exempt de contradictions en politique. Dont celle de ne pas toujours avoir eu de cohérence entre ses discours et ses actes. Attendons de voir le projet, peut-être que ça le sauvera !

  6. Sylvain Pottier said

    Et bien, à mon sens, il faut tout de même effectuer une distinction entre, l’homme et ses intérêts privée et l’homme et l’intérêt général, il est avocat, il travail pour gagner de l’argent ni plus ni moins, en revanche l’homme politique lui est visiblement en désaccord avec le bilan des 5 ans sous Sarkozy, tout ceci pour rejoindre l’idée de ne pas juger hâtivement, et sans avoir en main le projet à venir.. (même si selon moi, absolument aucun candidat ne pourrait faire preuve de sens moral et de mise en avant de l’intérêt général, car la constitution et les lois à trait au gouvernement sont conçut pour les faire privilégier leurs intérêts privés.. mais je divague..)

    • Pa-L said

      Si les avocats n’avaient pour clients que des parangons de vertu, la profession serait sérieusement sinistrée…

  7. Pa-L said

    Si les avocats n’avaient pour clients que des parangons de vertu, la profession serait sérieusement sinistrée…

  8. Vic said

    Mias il n’est pas censé agir pour Sarko en sous-marin? En effet, je ne pense pas qu’il se présentera à la présidentielle. Quand Sarko aura sifflé la fin de la récré, il retournera à la niche. Enfin, c’est mon avis, et c’est celui aussi de Bayrou, qui pense que Borloo est juste là pour ramener les voix du centre à sarko, ce qui est fort possible…

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